Avant 1960, et ce depuis la Confédération en 1867, le Québec a connu quelques groupes et mouvements indépendantistes. La mort de Laporte et l’application de la Loi sur les mesures de guerre frapperont encore davantage le souvenir de ces quelques mois qui ont tenus le Québec en haleine avant de se solder par l’exil d’un premier groupe felquiste et l’arrestation d’un second. Loc. C’est justement cette attitude, associée à la montée « d’un nouveau nationalisme, axé sur l’indépendance totale du Québec et dirigé contre le Canada »[9], et à l’attachement des Libéraux au fédéralisme qui mène Lévesque à quitter le parti en octobre 1967. L’intention première de Michel Brault est donc de montrer une réalité précise. nous étions plus pour une autre façon de vivre. En somme, l’application de la Loi sur les mesures de guerre ne répond pas à la nécessité de défendre l’unité canadienne et la sécurité nationale face à un ennemi extérieur, mais bien à la saisie de l’opportunité de frapper violemment les mouvements politiques dissidents présents au Québec. On assiste à la naissance d’un mouvement à mi-chemin entre l’artistique et le scientifique. La Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal (SSJB) joint sa voix à l’organisme Justice pour les prisonniers d’Octobre 70 pour réclamer réparation pour les femmes et les hommes illégalement arrêtés et … Ils voulaient que ça pète et au plus vite. Un mois plus tard, à Montréal, il fonde le Mouvement Souveraineté-Association(MSA) avec ses partisans[10]. Following the study of the historical context, therefore the Quiet Revolution, of the artistic body, the movie «Les Ordres» by Michel Brault, and the reflexions made by the witnesses of the time and the researchers of today, we will come to the conclusion that the Trudeau government used political violence in order to break the protest movements that had become stronger and stronger in Quebec since 1960. Il s’agit ici de séparer l’évènement en deux volets : la tentative de révolution initiée par les felquistes et l’application de la Loi sur les mesures de guerre par le gouvernement Trudeau. En conférence de presse à 17h30, le Québec apprend qu’en échange de la libération de Cross, le gouvernement est prêt à donner un sauf-conduit vers n’importe quel pays aux ravisseurs et à libérer de façon conditionnelle certains prisonniers politiques. Cette scène décrit toute l’instabilité qui suit l’entrée en vigueur de la Loi sur les mesures de guerre. « Lévesque René (1922-1987) », Encyclopædia Universalis, http://www.universalis-edu.com/encyclopedie/rene-levesque/ (consulté le 8 septembre 2014), Gauthier, Guy. Le FLQ est désormais dans la partie. La Crise d’octobre survient à l’automne 1970. 2013, dans Robert Comeau et Ivan Carel, Bulletin d’histoire politique, http://www.bulletinhistoirepolitique.org/le-bulletin/numeros-precedents/premier-dossier-presentation/ (page consultée le 25 septembre 2014), Massicotte, Louise. « Le RIN : à chacun sa vérité », Ciné-Bulles, vol. 5ème édition, Montréal, Chenelière Éducation, 2014, 335 pages, Laporte, Gilles, Luc Lefebvre, et David Milot. Le même jour, le gouvernement du Québec et celui du Canada offre une prime de 150 000 dollars pour toutes informations pouvant amener à la libération de Cross. La compréhension d’un évènement comme celui-ci nécessite d’envisager plusieurs angles d’analyse. Il est également un reflet de la pensée de celui-ci alors qu’il dépeint la dénonciation faite envers l’application de la Loi sur les mesures de guerre. Réalisé en 1974, le film relate le parcours de cinq individus arrêtés suite à l’application de la Loi sur les mesures de guerre. La Crise d’octobre représente un tournant majeur dans l’histoire du Québec. Le socialisme, amalgamé aux luttes vers l’indépendance, projette l’image d’être la solution progressiste aux masses populaires et l’unique défenseur des travailleurs[37]. Op Cit., p. 136, [28] Laporte, Gilles, Luc Lefebvre, et David Milot. La violence est-elle légitime ? Luttes de classes et questions nationale au Québec, 1948-1968. Mais de toutes ces analyses, c’est Gaston Miron qui en fera la meilleure. Dans le but d’établir une position et un argumentaire solide, nous analyserons les facettes majeures de la Crise en dressant un portrait des causes de la Crise, des objectifs revendiqués par chacun des acteurs et du développement de la Crise. Histoire populaire du Québec, 1960 à 1970. Troisièmement, convaincre d’agir dans la légitime défense. Mesures de guerre. lors de la crise d'Octobre 1970 sous plusieurs angles: la préparation, le déploiement, les unités et ... car, pour la première fois, la Loi sur les mesures de guerre est utilisée en temps de paix. Op cit., p. 135, [31] Denis, Roch. Ce dernier point reflète une large part des revendications soulevées lors de la Crise : redonner le Québec aux Québécois afin qu’ils puissent prospérer et épanouir la culture francophone. _________________________________________________________________________________, La Crise d’Octobre et la Loi sur les Mesures de guerre, _________________________________________________________________________. La coupure avec le Canada est alors moins drastique, mais on reproche justement une grande ambiguïté au PQ sur sa position officielle quant à l’indépendance totale du Québec. De ce fait, c’est également une époque marquée par l’essor considérable de la répression gouvernementale envers les groupes révolutionnaires, sociaux ou indépendantistes. Les guerres du Vietnam et d’Algérie viennent en plus soutenir l’idée que la violence peut donner des résultats et vaincre les grandes puissances[35]. Francis Simard, felquiste et membre de la cellule Chénier, était en faveur d’un changement de système plutôt que la destruction sans contredit du système établi : « Certains nous ont laissés. Le jour même, la cellule Libération envoie un communiqué à la station CKAC à Montréal afin de faire valoir ses exigences : 1) la publication du manifeste du FLQ; 2) la libération de vingt-trois prisonniers politiques; 3) la disponibilité d’un avion à destination de Cuba ou l’Algérie; 4) la réembauche des travailleurs de Lapalme; 5) 500 000 dollars en lingots d’or; 6) le nom du felquiste ayant dénoncé à la police une cellule du FLQ; 7) l’arrêt des tentatives de retrouver les kidnappeurs de Cross. La veille, il s'était rendu au bureau de Robert Bourassa à Québec pour lui faire signer une lettre, écrite à Ottawa, dans laquelle le gouvernement du Québec demandait au gouvernement fédéral de proclamer la Loi sur les mesures de guerre. À l’inverse, Jacques Lacoursière se fait défenseur d’une vision qui ne demande pas pourquoi nous en sommes venus à la Crise, mais à qui elle a réellement profitée. Vous avez des questions sur notre travail? Cette perspective constitue la contre-thèse de la perspective Trudeau-Weber. Le court-métrage sera le coup d’envoi avant l’heure du cinéma dit « cinéma vérité » qui deviendra plus tard le cinéma direct ou documentaire. Le 5 novembre, Carole de Vault, ancienne membre du FLQ et du Parti Québécois, devient informatrice pour le gouvernement. Nous utilisons les témoins de navigation (cookies) afin d'opérer et d’améliorer nos services ainsi qu'à des fins publicitaires. La virulence de la critique émise par Brault à travers son œuvre témoigne de la répression faite par l’État durant cette période. Toutes les régions du Québec seront affectées par la loi sur les mesures de guerre décrétées par Pierre-Elliot Trudeau, mais les principales actions se dérouleront autour de Montréal. Revue en ligne PhiloTR : ISSN 1927-4211 (Bibliothèque et Archives Canada) | Articles, Essais & Analyses, Référentiel & Brèves | Matériel didactique | Bibliothèque numérique d'oeuvres philosophiques | Depuis 2004 – 2020 | Conçu par le Département de Philosophie du Cégep de Trois-Rivières. Finalement, les médias auront largement contribués à excités les camps durant la Crise, y allant de supposition, de prise de position ou encore d’anticipation face aux évènements à venir[46]. Op. Cit., p. 42, [7] Lacoursière, Jacques. Manifeste d’octobre 1970. D’un point de vue artistique, les années 60 jusqu’à la fin 70 sont marquées par le développement du cinéma documentaire. La procédure ci-haut mentionnée permet à l’État de légitimer son usage de la violence et de la mettre en application. On ne cessera jamais de s’intéresser à la Crise, car il reste encore beaucoup à écrire sur le sujet. Notre thèse s’avère donc exacte à la vue des faits et des théories étudiés. L’ampleur et la profondeur de l’évènement en fait un objet d’étude aux significations multiples. Nous,[la cellule Chénier,] nous étions plus pour une autre façon de vivre. En 1958, il réalise avec Gilles Groulx le film Les Raquetteurs. Mais il continue d’insister, en bon séparatiste, sur des termes comme « suspendre les droits civils » ou « suspensions des libertés » en abordant le sujet de la Loi sur les mesures de guerre. La principale période d’analyse sera donc celle de la Crise elle-même, soit du 5 octobre 1970 au 28 décembre 1970. Nous utilisons les témoins de navigation (cookies) afin d'opérer et d’améliorer nos services ainsi qu'à des fins publicitaires. La scène s’ouvrant sur la demande du maire Drapeau d’obtenir des pouvoirs supplémentaires pour faire face à « l’insurrection appréhendée », elle se poursuit dans l’appartement de la famille Boudreau. La Crise d’octobre est un tournant dans la société québécoise et du jamais vue dans son histoire. La cellule en question est composée de Louise Lanctôt, Jacques Cossette Trudel, Marc Carbonneau, Jacques Lanctôt et Pierre Séguin. Le parti ayant été enfanté par l’idée de souveraineté, c’est cette même idée qui donne sa modération au parti. En somme, Les Ordres de Michel Brault résume la détention subie par les citoyens arrêtés sous la Loi des mesures de guerre. À la fin de l’étude, l’ annexe 1 propose la liste la plus complète à ce jour des personnes détenues en vertu des mesures de guerre durant la crise d’Octobre. Lentement fait surface l’idée que les personnes arrêtées puissent servir d’otages dans les négociations avec les cellules du FLQ. L’intérêt est encore plus grand lorsque l’on constate que l’on parle très peu aujourd’hui des Évènements d’octobre et, lorsqu’on en parle, la discussion est souvent accompagnée d’un malaise quant à la position à adopter face au sujet. La Crise d’octobre est un sujet complexe. Dans une entrevue accordée à Radio-Canada, Marc Lalonde affirme que le premier ministre Trudeau était réticent à recourir à cette loi. En résumé, le FLQ est dans son droit de faire usage de la violence face à la répression commise par l’État oppressif et colonialiste qu’est le Canada. Cette demande reflète l’essence même du mouvement que représente le Front de Libération du Québec, c’est-à-dire l’amélioration du niveau de vie des travailleurs québécois. Ce parti politique qui, à l’origine, n’était qu’« un simple mouvement et non un parti »[17] se distingue par ses positions claires, fermes et concrètes. Après un moment, on annonce à Mme Boudreau qu’elle va suivre les policiers. Cinquièmement, injustifier la violence envers la société en la présentant sous l’image d’une société qui ne génère pas d’inégalités. La question se pose alors de comprendre de quelle façon les principaux protagonistes de l’évènement ont sus agir pour mettre fin à la Crise. Les opérations militaires de l’armée et la crise d’Octobre. Montréal, Les Éditions de l’Homme, 2000, 312 pages, [90] Bouthillier, Guy et Édouard Cloutier. Deuxièmement, le Canada, à titre d’état colonial, est à sa source même porteur du système oppressif[84]. Laval, Beauchemin, 1998, p. 223, [5] Lavoie, André. Au total, on procède à quelques 3068 fouilles, dont les résultats seront loin de corroborer l’idée d’une « armée felquistes », et 497 arrestations, dont la moyenne d’emprisonnement sera approximativement d’une semaine[99]. Lévesque jette les bases de cette association Québec-Canada avec son Option Québec[24], publié en 1968. L’étude portera essentiellement sur la légitimité du gouvernement Trudeau et sur les réels objectifs derrière son application des mesures de guerre. Il débute dans le cinéma de façon amateur. Bien que ce soit pour cette raison que l’on nomme ainsi la décennie 1960 au Québec, dix ans semblent trop courts pour établir un changement social aussi drastique que celui effectué à partir de l’élection du gouvernement Lesage. C’est toute une génération qui sera marquée par le climat de suspicion et de tension causé par la Loi des mesures de guerre. « Chronologie de l’histoire du RIN ». Les 27 et 28 décembre, les membres restants de la cellule Chénier sont retrouvés, soit Paul et Jacques Rose ainsi que Francis Simard. C’est-à-dire que le contexte historique est véritable, mais Brault s’inspire d’une cinquantaine de témoignages de personnes emprisonnées sous la Loi des mesures de guerre pour recréer cinq personnages qui revivront les plus intenses parties de ces témoignages[58]. Le film de Brault représente une démonstration claire de la répression politique faite par le gouvernement canadien durant la Crise. Ensuite, derrière l’explication de la Crise elle-même, il y a la question de son déroulement en soi. « CINÉMA (Cinémas parallèles) – Le cinéma documentaire », dans Encyclopædia Universalis, http://www.universalis-edu.com/encyclopedie/cinema-cinemas-paralleles-le-cinema-documentaire/ (consulté le 3 avril 2015), Martin, Michel. La statue de Wolfe sur les Plaines d’Abraham est renversée. Le Québec ayant connu des changements drastiques durant les années soixante, la Crise est en fait le résultat d’« une société qui a changé très vite, et qui n’a pas digéré à mesure ses transformations rapides »[47]. Paris, Stanké, 1982, 221 pages, [52] Lacoursière, Jacques. Ensuite, il y a la version des felquistes. Le 11 octobre, alors que le cabinet Bourassa dans son ensemble assiste à une réunion portant sur la crise, Julien Chouinard, secrétaire général du cabinet québécois, s’entretient avec Gordon Robertson, greffier du Conseil privé d’Ottawa, afin de lui communiquer la difficulté pour les autorités du Québec de garder prisonnier les présumés felquistes arrêtés depuis le 5 octobre.